Je suis un homme libre sans patron ni maître,
Maître à penser, maître à citer, maître à copier.
Seul maître après dieu de l’objet qui va naître
De mes tas de ferrailles que j’ai accumulés.

Je ne suis pas issu d’une grande école d’art,
Je me fous de savoir quel artiste je suis.
Avant d’être ferrailleur j’avais une autre vie,
Mon statut actuel est le fait du hasard.

Je travaille à l’instinct sans préméditation,
Et me fous de savoir dans quelles catégories
L’objet que j’ai créé est classé ou inscrit.
Mon seul but est de suivre mon inspiration.

Que les experts en art, critiques, clowns aux gros nez
Passent vite leur chemin et me foutent la paix.
Je ne suis pas César et ne suis pas parfait,
Et me fous de savoir ce qu’ils peuvent en penser.

Mon art n’est pas un don mais le fruit du labeur.
Le plaisir et l’envie sont mes motivations.
Le bonheur d’enfanter de nouvelles créations
Est la source première de l’esprit créateur.

Sur mon île certains veulent s’approprier
Le patrimoine et l’art à grands coups de deniers,
Se comportant en maîtres et seuls dignes héritiers.
Je me fous de savoir la couleur de leur  blé.

Je suis un ferrailleur qui a choisi sa voie,
Me dérobant au joug de toutes institutions
Qui se posent en patron dictant leurs conditions.
Je me fous de savoir ce qu’elles pensent de moi.


Jean luc Toussaint Pimenta da Costa

Connexion :