Deux grands Tiwara males aux lignes parfaites
Se rencontrèrent un  jour au détour d’un chemin.
Les terres labourées avaient reçues leurs grains
De mil, de sorgho. Les semailles étaient faites.

Les deux masques cimiers se toisaient de très haut
Sûrs de leur prestance, fiers de leur silhouette,
Portant dignement leurs cornes sur la tête.
Quel serait le plus fort, le plus grand, le plus beau ?

La fête battait son plein dans les villages autour,
Et les danseurs grimés attendaient patiemment
Que les chefs attitrés désignent les parements
Symboles de fertilité des récents labours.

Les deux masques orgueilleux aux corps de fourmilier
Se précipitèrent sur la tête des hommes,
Qui effarouchés, jetèrent au loin leur heaume
Dans les pieds des danseurs au ballet endiablé.

Des deux grands masques cimiers ainsi piétinés,
Il ne restait plus rien que de deux tas de copeaux.
Quel était le plus fort, le plus grand, le plus beau ?
Qui serait l’élu des hommes ? Nul ne le saurait.


Jean luc Toussaint Pimenta da Costa